Stéphanie
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Derk Reneman et Manuela Porceddu sont deux jeunes graphistes installés à Rotterdam. Ils travaillent pour tous types de support: édition, affiche, communication visuelle, sites internet. Une des qualités que j'apprécie chez les graphistes hollandais est cette absence de barrière entre le design imprimé et le design numérique. Derk et Manuela ne sont pas du tout spécialisé dans la programmation, et pourtant ils arrivent à concevoir des sites techniquement très simples, mais très pertinents. J'apprécie chez eux leur méthode de conception, il semble y avoir un petit "plus" à chaque projet, pour vous faire comprendre, je vais détailler quelques projets. Het Steiger (photo en haut à droite) Avant la 2nde guerre mondiale, Rotterdam était comme Amsterdam, parcouru de canaux. La ville ayant été bombardée par les allemands, il ne reste plus qu'un seul canal. Keed Vollemans et Constance van Duinen ont inventé un mythe autour de ce canal: on y aurait trouvé un livre dans le fond… C'est là que Derk et Manuela interviennent, pour faire le design de ce livre mythique. Quand on nous le montre, sorti d'une bibliothèque personnelle, on se dit qu'il a été drôlement mal conservé, toutes les pages sont gondolées à cause de l'humidité. Et au fur et à mesure qu'on tourne les pages, on aperçoit ça et là qu'il y a des végétaux séchés éparpillés dans le livre. En se renseignant un peu, on apprend qu'après avoir été imprimé, tous les livres ont été plongés dans le fond du canal en question! Sur le site du studio graphique, on peut voir des photos du repêchage des livres. Il y a trois sortes de papier différents dans le livre, ils ont été choisis après moults tests afin de trouver ceux qui ne collaient pas une fois sortis de l'eau. Eat This (photo ci-dessous) Ce livre porte sur le travail de Nio Architects pour la construction de marchés couverts. Avec des textes de Phillip Mechanicus et Maurice Nio, et des photos d'Otto Snoek. Le livre est basé sur les livres de commande chinois, où il y a des cahiers de pages de couleurs différentes, avec des prédécoupes pour pouvoir détacher les coupons. Les images sont donc imprimées sur ces papiers de couleurs prédécoupés, et les textes sont eux, imprimés sur des pages blanches "normales". Il existe 4 éditions différentes avec une couleur de papier différente pour chaque édition. La jaquette est tamponnée à la main sur du papier d'emballage alimentaire chinois (en France, ça ressemble à du papier pour hamburger ou pour la boucherie).
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J'ai pu faire un workshop la semaine dernière à l'ERBA Rennes, mené par Achim Reichert du studio de design graphique Vier5. Plus de photos (même trop) ici. Plus d'info sur le déroulement su workshop sur mon site. Pour conclure, c'était une bonne expérience rafraîchissante, très dure à cerner au début. Je suis contente des résultats graphiques obtenus, malgré que ce ne sont pas des "affiches" comme le voulait l'intitulé du workshop, mais des "images", complètement gratuites. Je profite de cette actualité pour parler de ce duo de graphistes dont on ne finit plus d'entendre parler en France (revue Marie-Louise, une revue suisse d'art contemporain dont je ne retrouve pas le nom, mais qui est du genre 20/24 [si quelqu'un l'a, merci de m'aider !], plus une conférence aux Beaux-Arts de Rennes ainsi qu'un workshop, plus une autre conférence aux Beaux-Arts de Valence…). En-dehors de notre petit hexagone, les deux graphistes font aussi polémique à l'étranger, un sujet sur eux sur Design Observer, sujet qui a suscité une centaine de commentaires. Pour résumer, la démarche de Vier5 consiste à n'utiliser que leurs propres caractères typographiques, car les anciens ne sont plus adaptés aux visuels contemporains. Ils utilisent le terme "moderne" mais dans le sens d'"actuel", et pas dans le sens historique. Je suis plutôt d'accord avec l'idée de créer une typographie pour chaque projet comme on crée un nouveau visuel, une nouvelle mise en page pour un projet. Par contre, Vier5 n'utilise que ses propres caractères, mais les réutilisent à travers différents projets. Je ne comprends donc plus vraiment leur démarche… Ils se positionnent aussi en tant qu'artiste plutôt que graphiste (cf. conférence à l'ERBA Rennes), en mettant en avant leur travail plutôt que celui de l'artiste dont ils font l'affiche (par exemple pour le CAC Brétigny). Je ne suis pas du tout contre le fait de ne pas utiliser les images des artistes (dans l'actualité française, on peut citer les affiches typographiques de Wim Crouwel exposées à la Galerie Anatome), mais je trouve que Vier5 oublie le travail de l'artiste dont ils doivent communiquer l'exposition. Même si j'aime beaucoup visuellement leurs affiches, je les trouve complètement gratuites, et transposables pour n'importe quel centre d'art qui les accepteraient (car leur graphisme est loin d'être accepté par tous apparemment), et aussi pour n'importe quels artistes du même centre d'art. Quand nous disons qu'ils se positionnent en tant qu'artistes, c'est aussi dans leur signature. Dans une affiche, ils vont mettre leur nom au même niveau que celui de l'artiste exposé, dans un livre, en plus du colophon, ils vont jusqu'à rajouter leur nom en 1re ou 4e de couverture. Il est légitime de mettre son nom au même niveau que celui de l'auteur ou artiste du livre/affiche en question, si le travail du graphiste apporte un sens nouveau au travail de l'auteur. Il n'est pas pensable de mettre le nom de l'auteur de la collection Grasset, par exemple, au même titre que le nom de l'auteur, étant donné que chaque roman est composé de la même manière, n'apportant aucun sens nouveau à l'œuvre. Par contre, dans la collection des éditions Cent Pages, dessinée par SP Millot, chaque roman est composé différemment et apporte au sens du texte. Mais de là à rajouter son nom, isolé, en 4e de couverture comme on signe un tableau… cela devient dérisoire… Le design graphique n'est pas de l'art, quand on l'expose dans un musée, il est maladroit de considérer des affiches ou des livres comme des œuvres d'art, accrochés sur les cimaises, sans aucun contexte et souvent peu d'explication de la commande. Leur démarche est quelque peu utopique, et souvent l'utopie naît de la naïveté. On m'a fait un rapprochement avec la démarche d'Experimental Jetset. Mais ayant assisté à des conférences des deux studios, nous trouvons le propos de Vier5 plutôt creux et faussement rebelle, alors que celui d'Experimental Jetset est réfléchi, argumenté et inscrit dans une histoire. Difficile à inscrire dans un champ, qui n'est à notre avis ni celui du design graphique et ni celui de l'Art, les affiches de Vier5 semblent néanmoins efficaces, de part leur force visuelle, en terme de communication. Mais, bien qu'ayant le sentiment d'un langage à l'extrême opposé de celui de la publicité, nous doutons fortement du role positif de cette communication sur le lien social. I had a workshop last week at the Fine Arts school of Rennes with Achim Reichert from the graphic design studio Vier5. More photos (you can say too many) of the workshop here.. More infos on the exercise on my site. To conclude, it was a good and refreshing experience, hard to understand at first. I'm glad of the graphic results, although we didn't make "posters" as envisaged but "images" without meaning. I profit of this news to talk a bit more about that studio we hear a lot about lately in France (magazines, lectures, workshops…). Outside France, Vier5 generates polemics on Design Observer (over a hundred comments on their subject). To resume, Vier5's way of working consists in using only their own fonts, for the old ones aren't adapted enough to the contemporary visuals. They use the word "modern", not in the historic meaning, but as "actual". I quite agree with creating a new typeface for a project, as you create a new image or a new layout for a project. Vier5 only uses its own fonts, but they use them for different projects sometimes. So I don't understand their thoughts here… The two guys position themselves as artists more than graphic designers (as they told us during their lecture in Rennes), by putting their work above the work of the artist they work for. I'm not against you don't have to put the artists' work, but I think Wim Crouwel does that better, as he produces a new work/typeface born from the artist's work. Even if I greatly appreciate Vier5's posters, I think they're meaningless and that they could work for any customer/artist. When I say that they consider themselves as artists, it's also through their signature. In a poster, they put their name at the same level as the artists' names, in a book, they sometimes put their name, besides the colophon, on the 1st or 4th cover. It is ok to put the designer's name within the author/artist's name as long as he adds a new sense to the author's work. But to add your name, isolated, on the 4th cover like a painter signing its painting, it's a bit ridiculous… Graphic design isn't Art, when you exhibit it in a museum, it's awkward to put posters hanging on white walls moved from their original context and often without much explanation of the client's demand. Vier5's will is somehow utopian, and often Utopia is born from naivety. Somebody made a comparison with Experimental Jetset's thought. But having assisted at lectures of both studios, we can tell Vier5's way of thinking is quite empty and wrongfully rebel whereas E.J's is argued, and takes part of History. Hard to place in a domain, which we think is neither graphic design, nor Art, Vier5's posters seem to be nonetheless efficient, due to their visual strength, in term of communication. Though having the feeling of a language completely opposite of advertising, we strongly doubt of the positive role of this communication on the social link.
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